


Manish Arora Fashionactive
DÉCRYPTAGE
Seize tendances sous la loupe
Par Sophie Iselin Mis en ligne le 23.02.2011 à 12:34
Des rayures marines aux motifs psychédéliques, la mode s’imprime en kaléidoscope sur les podiums de Londres, Paris et Milan.
Après l’ère du sarouel, voici venu le temps du pantalon bouffant. Plus léger qu’un génie et plus féerique que les 1001 Nuits, il est à l’image de ses créateurs; sage chez Ungaro et Kenzo, romantique chez Marc Jacobs et totalement psycho chez McQueen.
Redoutable prédatrice, la mode prend dans ses filets de jolies femmes-poissons. Cousue de fils d’or chez Balmain ou de fins cristaux chez Prada, la maille chic joue la transparence chez Alberta Ferretti. Et les fashion victims de se laisser prendre au piège avec délice...
Variations sur une chemise blanche |
Pièce maîtresse de nos dressings depuis l’été passé, la blouse immaculée continue à jouer les incontournables dans les défilés. Sur une nuance de blanc, elle est de moins en moins flottante, rentrée dans la jupe ou le pantalon (Hussein Chalayan ou Celine), voire librement ajustée sur les cuisses (Martin Margiela, Lie Sang Bong et Limi Feu).
Jadis cachés, les dessous prennent le dessus dans les nouvelles collections. Et quand Marc Jacobs fait défiler des soutiens-gorges satinés et des collants chair, Stella McCartney sort la dentelle, Sportmax ses porte-jarretelles et Gaultier dégaine.
Dévorant. C’est le mot qu’inspirent les motifs cannibales qui ornent les tenues de saison. Chez Margiela, les filles défilent dans des robes qu’on croirait taillées dans une carte postale géante, tandis que chez Max Mara et Manish Arora les mannequins enroulent des toiles de maîtres autour de leurs hanches en guise de jupes. Cubique, psychédélique ou encore photogénique, l’imprimé, c’est chic.
Sirènes et femmes-serpents annoncent le printemps à coups de paillettes et de lamés. Chez Alexander McQueen, le python se prête au test de Rorschach. Pour Nicolas Ghesquière chez Balenciaga, les écailles réinventent la jupe plissée, tandis que Balmain crée le pull-over seconde peau; noir et luisant... Brillant!
Depuis plusieurs saisons, le nude colle à la peau des mannequins vedettes. Cet été, il se porte en total-look sur une peau nue avec une touche de rose ou de bleu clair. Des tenues soyeuses et sexy à Milan (Fendi et Marni) aux coupes géométriques de Paris (Viktor & Rolf, Martin Margiela et Issey Miyake), 2010 est l’année de la chair.
Déchirures et petits trous entaillent les vêtements de saison. Et si Yves Saint Laurent ou Balenciaga s’en tiennent à de simples entailles, Marni et Jean Paul Gaultier se lancent dans des découpages plus élaborés. Comble du grignotage, Viktor & Rolf ose la robe en tulle version meule de fromage.
Entre la Lune et les nuages, la Commedia dell’arte inspire les stylistes, qui habillent les femmes de grands cols (Marni et YSL Rive Gauche), de collerettes aériennes (Viktor & Rolf, Marc Jacobs et John Rocha) et d’une poussière d’étoiles.
Mise en pli de New York à Paris, la jupe (souvent courte) se porte à même la peau, avec ou sans socquettes ou, chez Jean Paul Gaultier, avec des mi-bas tirés jusqu’au genou. Tendance écolière oblige, de Nicolas Ghesquière chez Balenciaga à Phoebe Philo chez Celine, c’est une armée de jeunes filles rangées qui déferle cette saison sur le prêt-à-porter.
Salopette, bleu de chauffe, combi-short |
Ultra-résistante à l’usure du temps, la combinaison roule encore et toujours des mécaniques dans les défilés. En coton (bio) chez Stella McCartney, en cuir chez Chloé, en soie chez Lanvin et A.F. Vandevorst, et en jean chez Jean Paul Gaultier, elle habille intégralement les silhouettes de ce printemps.
Shorts, cyclistes et kimonos annoncent l’avènement du sportwear dans nos vestiaires. Zippée façon veste de jogging chez Guy Laroche ou, mieux, clipée avec des attaches de parachute chez Gucci et Philosophy, la tenue de gym monte sur le podium et remporte, chez Alexander Wang, le trophée du trend le plus décontracté.
Variation sur le mode des trenchs et cabans pour les vestes de cette saison. Et comme la mode est à la transgression, le manteau est démembré chez Sportmax ou Lie Sang Bong, alors que Celine, Akris et Burberry himself transforment la pièce maîtresse en ravissantes robes.
Rangées de bracelets (Jean Paul Gaultier), imprimés africains (Givenchy, Gucci et Junko Shimada) et savoir-faire traditionnels (Diane von Furstenberg et Rodarte) se sont échappés de leurs contrées lointaines pour s’installer dans nos dressings globalisés.
Quand les volants deviennent ovnis |
De soucoupes volantes les créateurs n’ont pas besoin, puisque leurs froufrous emmènent leurs silhouettes dans un voyage intergalactique. Martienne chez McQueen et Stella McCartney (c’est un pléonasme) ou saturnienne chez Tsumori Chisato, l’aventure de la mode lance un appel à une vie extraterrestre.
Une fois encore, le petit pull marin joue les indispensables dans la jolie panoplie du prêt- à-porter. Superposé chez Marni et Tsumori Chisato, il se psychédélise chez Givenchy, qui stylise ses rayures pour en faire une veste, et chez Gaultier, qui les dispose en jupes. So chic!
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