Quand je me lève, il fait
nuit. Vraiment nuit. Lorsque je sors en tenue de sport et arpente les rues qui
séparent mon nid du parc dans lequel nous nous entraînons, les lampadaires
réveillent mon visage dans la pénombre. Et, à 6h30 précise, alors que nous
débutons notre échauffement en courant autour du parc, la pénombre est telle
que je suis obligée de garder mes yeux rivés sur mes baskets, pour ne pas m’encoubler.
Nous commençons en général au pied d’un lampadaire, devant lequel nous déposons
nos tapis avant d’attaquer les premiers exercices. La suite de l’entraînement
physique se fait sur un parcours éclairé par des lampes frontales, accrochées
ça et là. Tous les jours de la semaine, je découvre cette fin de nuit avec un
certain plaisir. J’ai l’impression qu’elle m’appartient un peu. Je joue avec
elle jusqu’à ce que le jour s’impose. La lumière qui jaillit est salvatrice.
Elle annonce la fin du cours. Cette aube débarquant sur la ville à peine
réveillée, est agréable car elle signifie «Maison», le moment où je traîne mon
corps exténué, pour rentrer chez moi. Le trafic s’intensifie, les êtres
s’activent et moi... Je me rue sur mon petit déjeuner et ma douche tiède. Et là,
Private Boot Camp, tu me tiens.