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EDITO
Mademoiselle a le blues
Par Laurence Desbordes
Mis en ligne le 07.12.2011 à 11:55

C’est la faute à monsieur Pavlov et à son satané réflexe! Dès que le mois de décembre pointe le bout de son 31, notre nature féminine nous pousse à faire des listes. Des inventaires, longs comme un jour sans baisers de son chéri, de cadeaux, d’invités, de bonnes résolutions et j’en oublie sûrement dans cette liste de listes. Mais cela serait nous méconnaître que de croire qu’en tant que femmes perfectionnistes (oui, je sais, c’est un pléonasme), nous nous contentons d’aligner en colonne nos futures et diverses activités. Que nenni, nous sommes aussi démangées à l’extrême par ce besoin irrépressible de faire des bilans. Bilan sentimental, qui bien sûr est en tête du Top 5, mais aussi bilan familial, bilan professionnel et parfois – Dieu seul sait pourquoi les filles sont aussi un soupçon masochistes – bilan sur notre condition de femme. Et là, franchement, il y a de quoi attraper un spleen démoniaque. Car ce que l’on croyait dissous dans l’hyperespace des idées stupides et contre-productives nous revient en pleine face comme un double assaut de boomerang. De quoi je parle? Du combat idiot d’un groupuscule de donzelles parisiano-intellos qui se font appeler «les chiennes de garde» et qui militent pour faire retirer des formulaires administratifs français la case… «mademoiselle». Franchement, même les hommes n’ont pas pensé à nous la faire, celle-là!! Supprimer l’élégant mademoiselle sous prétexte, pour citer Laurence Waki, auteur de Madame ou mademoiselle aux Editions Max Milo, qu’imposer une identité «soit en fonction de l’âge, soit du statut marital, c’est insupportable». Ce qui est intolérable, c’est plutôt d’appeler madame une jeune fille de 18 ans et de vouloir la faire entrer dans le moule normatif d’une société qui dénigre la jeunesse ou le droit de ne pas s’affirmer en tant que femme mariée. Plus grave encore, c’est de vouloir reléguer aux oubliettes la poésie et la galanterie d’un gentilhomme qui flatte notre ego, et ce même si nous ne sommes pas dupes. Alors, brisons-la, cette lutte débile, qui j’espère ne viendra pas gangrener les esprits suisses, et faisons de 2012 l’année de la féminité rayonnante et affirmée. Belles Fêtes à vous tous et toutes, gents damoiselles et damoiseaux, et au ravissement de vous retrouver l’an prochain. 

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