Freedom
Edition:
Editions de l’Olivier
«Pour l’essentiel, l’homme est ce qu’il cache: un misérable petit tas de secrets.» De secrets, oui, ajouterait Jonathan Franzen au célèbre mot d’André Malraux, mais surtout de veulerie, d’arrière-pensées avilissantes et d’une diffuse honte de soi.
Qui est vraiment Patty Berglund, épouse aimante, mère exemplaire, ancienne sportive de haut niveau et presque W.A.S.P.? Et comment fait Walter, son mari trop parfait, pour l’aimer sans la connaître vraiment? Que se passe-t-il dans la tête de Joey, leur fils, qui s’échappe égoïstement, un peu plus chaque jour? Et que va-t-il advenir de Richard, rocker vieillissant? L’ombre tapie au fond de chacun des protagonistes du roman – insolemment intitulé Freedom – les rend incapables de créer un quelconque lien satisfaisant et d’envisager un bonheur autre que malsain.
Derrière chaque phrase descriptive de l’immense écrivain américain – qui publie ici son quatrième livre en vingt ans – coule une encre suprêmement cynique. Neuf ans après son dernier roman, Franzen expose avec délectation la «dépression imbibée» d’une Amérique qui dépérit d’ennui, les petits arrangements que chacun fait avec sa conscience pour poursuivre sa trajectoire, et l’amertume qui arrive toujours plus vite que l’on ne croit.
Un prodigieux pavé.