Points communs entre nos albums du mois?
Doux vaudou, science du climat, amour toujours.
Joan As Police Woman, amour ou folie
«Vous pouvez supposer tout ce que vous voulez à mon sujet/Est-elle pétée, est-elle folle, est-elle amoureuse?/Je crois que je suis amoureuse», chante Joan As Police Woman sur The Deep Field, nouvel album littéralement beau à pleurer. On la croit, on essuie trois larmes, puis on repart dans les paysages changeants du disque (forêts du Maine, étés urbains, marais louisianais), traversés par un chant soul qui, entre douces déchirures et nonchalance enflammée, a trouvé son équilibre parfait. Au rayon de ses inspirations vocales, Joan cite Al Green, dont la voix sonne «comme s’il venait tout juste de rouler hors de son lit et de commencer à chanter»...
Joan Wasser (c’est son vrai nom), sa vie en bref. Coup de foudre pour la musique via l’adoption d’un violon en troisième primaire. Carrière classique avant de bifurquer vers le rock. Décès accidentel de son petit copain, Jeff Buckley, noyé à Memphis dans un canal du Mississippi. Membre d’Antony & The Johnsons (une expérience qui, dit-elle, lui sauve la vie, grâce à la présence bienveillante et bienfaisante d’Antony), puis du groupe de Rufus Wainwright. Quatrième album aujourd’hui.
Plein d’invention mélodique et de mystères, The Deep Field (en référence à un coin de l’espace contenant quelque 3000 galaxies spécialement éloignées) fait naviguer sa beauté entre la résistance militante contre le désespoir, l’apaisement et l’incantation à la joie. Comme chez Stevie Wonder, cité en maître par la belle pour avoir «rendu cool le fait d’être positif». Sacré exploit. Exploit sacré.
«The Deep Field», Joan As Police Woman (CD Play It Again Sam/Musikvertrtieb).