Rockabilly ou apesanteur stellaire? Les deux...
The Hillbilly Moon Explosion et Monney B, un futur dans le passé
Quel film se jouent cette fille et ces trois gars? Vocalises mêlées de générique d’espionnage et de western, contrebasse tapant les fesses comme des ressorts de Cadillac, batterie et guitares filant à tombeau ouvert dans une nuit noire, sous un ciel prêt à se déchirer pour un débarquement d’extraterrestres fifties... Nous voilà chez The Hillbilly Moon Explosion, groupe surgi du sol helvétique mais roulé comme un fantasme américain, praticien imparable d’un rockabilly aux idées amples, traversé d’un suspense romanesque et d’émotions de cinéma. Enregistré à San Diego et masterisé à Nashville, comme il se doit, fleurant bon la jungle d’asphalte et l’aventure sauvage, le nouveau CD marine le rock’n’roll originel dans un mélange d’épices ska, exotica, rumba et yéyé: les reprises de Laisse tomber les filles et de Poupée de cire, poupée de son ne sont pas les moindres parmi les plaisirs qui s’y déploient...
Pas trop loin de ces eaux-là, voici Monney B. Guitariste et chanteur du trio genevois Hell’s Kitchen, le garçon sort en solo sur un picture disc en vinyle format 7 pouces en édition limitée. Face B: deux morceaux de blues furieux, rehaussés de bruits de bouches cannibales à la Screamin Jay Hawkins et de nasillements lycanthropes. Face A: une superbe ballade western où résonne l’appel archaïque du cowboy. «Come Cow Cow Jiggy Jiggy Hey», bientôt à nouveau sur toutes nos bouches...
«Raw Deal», The Hillbilly Moon Explosion (CD The Freed/Irascible). Monney B (picture disc vinyle Bru(i)t), chez Antishop, Stigmate Records, Sounds, Urgence Disk ou via monneyb@hotmail.ch, www.myspace.com/monneyb1.