CocoRosie Grey Oceans
Tendance, la fausse moustache pour filles, vue au défilé automne 2010 de Vivienne Westwood et maintenant sur le disque de CocoRosie? Stylée, cette pochette gothico-geek évoquant deux rôlistes évadées d’un donjon? Filles de parents hippies, élevées en nomades entre Hawaii et la Californie, Bianca et Serra Casady en ont certainement vu d’autres en matière de poils comme en matière de chamans et de druides fantasy. Remarquez, on dit ça pour rigoler et donner le change. Car, à l’écoute de ce quatrième album, on a plutôt envie de sangloter. Dans le bon sens du terme. Emus.
Surgi en 2004 avec La maison de mon rêve (titre en français, oui, car les frangines s’étaient perdues de vue, puis retrouvées à Paris), le duo agaçait et ensorcelait l’oreille à doses égales. Il semblait surtout venir de si loin et partir tellement à l’ouest qu’on se demandait où il pouvait aller. Maintenant, on sait. Vers le dedans. En profondeur. Dans les eaux d’un paysage intérieur qui, à force d’y descendre, semble s’apaiser.
Sans se chambouler, la palette musicale s’est étoffée: folk, pop, blues, réminiscences classiques, instruments d’Extrême-Orient, chant évoquant des comptines enfantines revécues sous hypnose, sons électroniques partant carrément vers le martèlement dansant sur Fairy Paradise... Quant au grain de folie de la taille d’une pastèque qui a toujours dinstingué CocoRosie, il semble s’être dissous un peu dans un flottement doux. Un disque qui donne envie, à l’arrivée, de s’enfermer avec quelqu’un qu’on aime dans une cabane sur un arbre au milieu de la forêt.