Menu d’hiver: un David Lynch qui chante, trois unions illicites, deux CD pour se lover.
Cortney & Kurt, idylle à Nashville
«Tu m’embrasses d’une façon différente ce soir.» Tiens, on dirait le début d’une chanson country... En fait, c’est le début d’une chanson country. Une parmi les douze, à la fois ineffablement intemporelles et parfaitement compatibles avec le XXIe siècle, que compte cet album enchanteur, enregistré chez eux, à Nashville, par Cortney Tidwell et Kurt Wagner sous le nom de Kort.
Kurt fait des merveilles depuis quinze ans avec Lambchop, groupe fondateur du «country alternatif» dans les nineties. Cortney a, elle, une jolie carrière solo depuis une demi-décennie ainsi qu’un arbre généalogique musicalement très fourni. Les douze morceaux sixties repris sur ce disque viennent d’ailleurs du grenier familial de la belle – c’est-à-dire du label Chart Records, dont le grand-père était le patron, le père le découvreur de talents et la mère l’une des artistes. Vous suivez? Voilà une histoire de famille qui, pour l’instant, se termine bien...
Ce qui n’est pas le cas, évidemment, des histoires d’amour, apparemment toujours malheureuses dans le Tennessee. La douceur tendue des arrangements et le superbe entrelacs des deux voix se marient délicieusement pour dévider ces récits de pertes, de regrets et de deuils sentimentaux dans lesquels, allez savoir pourquoi, on a envie de se lover indéfiniment jusqu’à l’été.
«Invariable Heartache», Kort (CD City Slang, sortie début 2011)