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Emilie CailleuxMis en ligne le 09.12.2011 à 17:23
C'est sur un vol Paris-Bombay que Chanel a embarqué, mardi dernier, quelques 200 passagers. Direction sa collection pré-fall 2012. Au Grand Palais, sous des lustres de cristal, des mannequins habillés de saris, coiffés de turbans et parés de bijoux-bindi ont défilé sur un catwalk jonché de pétales de roses et couvert de sable. Un décor fastueux, composé autour d’une immense table de banquet chargée de coupes de fruits et de bouquets de jasmin, sur laquelle circulait un train en argent qui distillait des liqueurs et des vapeurs d’encens.
Le défilé Métiers d’Art de la maison française célèbre, en marge du calendrier des fashion weeks, les savoir-faire d’exception des sept ateliers achetés par Chanel en 1997. Le travail des broderies Lesage, du bottier Massaro, du plumassier Lemarié, du parurier Desrues, du joailler Goosens, du modiste Michel et du fabricant de fleurs Guillet émerveille encore le monde de la mode. Avant que ne résonne dans la galerie Courbe les premières mesures des avanaddhas indiens, tous les convives patientaient dans un silence religieux, attendant la grand-messe de Karl Lagerfeld.
Chanel a emprunté une route des Indes sublimée. «C’est la version parisienne d’une Inde qui n’existe pas», explique Lagerfeld. On y retrouve les codes de la maison: des cascades de perles, du noir et du blanc, du tweed. De Bombay, Lagerfeld a conservé les broderies à l’or, les semis de fleurs, les superpositions vaporeuses de dentelles et mousselines, les saris, décliné en de splendides drapés. On retrouve, évidemment, des achkans, ces vestes de brocart à col Nehru, revisités. Ils sont brodés d’or, à plastron ou avec des cols galonnés de perles baroques. Un vestiaire sublissime, qui reste, malgré sa magnificence, du prêt-à-porter, et qui se trouvera en boutique dès le mois de mai.